samedi 31 mars 2007

Le courage des oiseaux

Dieu que cette histoire finit mal
On imagine jamais très bien
Qu'une histoire puisse finir si mal
Quand elle a commence si bien

On imagine pourtant très bien
Voir un jour les raisons d'aimer
Perdues quelque part dans le temps
Mille tristesses découlent de l'insta
nt

Alors, qui sait ce qui nous passe en tête

Peut être
Finissons nous par nous lasser

Si seulement nous avions le courage des oiseaux
Qui chantent dans le vent glacé




Tourne ton dos contre mon dos
Que vois tu je ne te vois plus
Si c'est ainsi qu'on continue
Je ne donne pas cher de nos peaux

Parfois, qui sait ce qui nous passe en tête
Peut être finissons nous par nous lasser

Si seulement nous avions le courage des oiseaux

Qui chantent dans le vent glacé



Dominique A.

jeudi 29 mars 2007

L'île Saint Louis

L ' ILE SAINT LOUIS
(Francis Claude / Léo Ferré)

L'île Saint-Louis en ayant marre
D'être à côté de la Cité
Un jour a rompu ses amarres
Elle avait soif de liberté
Avec ses joies avec ses peines
Qui s'en allaient au fil de l'eau
On la vie descendre la Seine
Elle se prenait pour un bateau

Quand on est une île

On reste tranquille

Au coeur de la ville
C'est ce que l'on dit
Mais un jour arrive
On quitte la rive
En douce on s'esquive
Pour voir du pays

De la mer Noire à la mer Rouge

Des îles blanches aux îles d'or
Vers l'horizon où rien ne bouge
Point n'a trouvé l'île aux trésors

Mais tout au bout de son voyage
Dans un endroit peu fréquenté
On lui raconta le naufrage
L'île au trésor s'était noyée

Quand on est une île

On vogue tranquille
Trop loin de la ville
Malgré ce qu'on dit
Mais un jour arrive
Où l'âme en dérive
On songe à la rive

Du bon vieux Paris

L'île Saint-Louis a de la peine

Du pôle Sud au pôle Nord
L'océan ne vaut pas la Seine
Le large ne vaut pas le port
Si l'on a trop de vague à l'âme
Mourir un peu n'est pas partir

Quand on est île à Notre-Dame
On prend le temps de réfléchir

Quand on est une île

On reste tranquille
Au coeur de la ville
Moi je vous le dis
Pour les îles sages
Point de grands voyages
Les livres d'images
Se font à Paris




mercredi 28 mars 2007

Du copeau

Mais où vais-je quand je disparais ? Quand je me chope un de ces coup de blues à faire chialer un huissier, une dépresse à faire se flinguer les oiseaux, mmmh ? Où vais-je donc ? Dans ces moments où je voudrais tant qu'"ils" viennent me chercher (mes parents des étoiles, pas les infirmiers), où je voudrais tant appuyer sur un bouton et passer à une autre vie (code quantum!), dans ces moments où c'est pas la peine de m'appeler sur mon nouveau portable (tiens donc..) parce qu'anyway j'ai dans la voix tout le poids d'un vieil éléphant traqué, à l'agonie, harcelé de toutes parts d'où dardent flèches empoisonnées et sagaies de bambous affûtées, et d'où se distinguent dans la futaie trente-sept visages empennés peints aux couleurs feu du souvenir des guerres tribales .. mmmh? Et bien je vous le dirai un peu plus tard. Pourquoi plus tard ? Ben là j'ai pas envie. Un petit indice ? oki, juste dans l'espoir de me faire en partie pardonner tous ces insoutenables manquements à l'amitié, à l'humilité, à la civilité, à la décence, et à bien d'autres choses qui me semblent surannées lorsque je me hais... ou lorsque je vous déteste, madame.


Merci pour vos petits mots et vos jolis textes.

lundi 26 mars 2007

Lost Song


Lost Song
Dans la jungle
De nos amours éperdues
Notre émotion s'est perdue
Lost Song
A la longue
Les mots semblent superflus
Entre le flux, le reflux
Mensonges par omission
On se tait on s'est tu
On sait ce qu'il s'est su
On s'adore et puis l'on
Se déchire s'entretue
Dans mon sens entres-tu?

Lost Song
Dans la jungle
De nos amours éperdues
Notre émotion s'est perdue
Lost Song
Toi tu jongles
Avec des mots inconnus
De moi, je n'ai pas assez lu
Dans tes yeux tes menson-
ges, d'autres filles en vue
Je le savais je me suis tue
Les bagarres, arrêtons
Je suis on ne peut plus
Fragile le sais-tu ?

Lost Song
Dans la jungle
De nos amours éperdues
Notre émotion s'est perdue
Lost Song
Au majong
De l'amour je n'ai pas su
Sur toi avoir le dessus
Des erreurs, mettons
Je reconnais je me suis vue
A l'avance battue
C'est l'horreur mais ton
Arrogance me tue
Tu me dis vous après tu

Raoul t'appelle !



Si je vous dis : Fred Tillard, Patrick Richard, François Delfin, Marjorie Marilyn et Odile, Markus, Fabien Cartalade, Mario, ou Carton ? Ouais! Les Raoul, au fil des ans. Depuis 87, (ça nous rajeunit pas ma ptite dame) ils font partie de mon paysage musical (j'ai même fait une première partie en 1989 avec Les BMT et Hélios Mortis) autant que festif : un concert des Raoul, ça ne se rate pas !
ça disjoncte toujours à un moment donné, dans un orgasme funk-fou à faire bondir un quidam sous tranxène.. et j'ai souvent vu l'ami Carton (c'est sûr si t'assures c'est pas dur) sortir (ou plutôt "s'éjecter") de scène en sang, et remonter comme un diable pour assurer de plus belle le show jusqu'à la toute fin.


Costumes loufoco-punk, cuivres déchirés, percussions anachroniques sous le joug des guitares, ils ont tant de fois su faire monter en transe leur public toujours acquis. Des centaines de souvenirs et de rencontres pour ces réunions cosmo-folles, dans les pires coins de la région ou d'ailleurs; et se retrouver autour d'une table en terrasse au marché du samedi matin (vas-y Nanou) ...


Mémorable concert à Bosque, près d'Apt dont le groupe est originaire (tout comme Vassiliu, leur pote de tournée) où l'on ne distinguait plus personne dans la poussière soulevée par les pas de danse : et la fête avait duré toute la nuit !
Petit récapitulatif des albums qui m'ont suivi jusqu'ici :



C'EST SUR SI T'ASSURES - 1984



KARAÏ- 1989



MOULÉ À LA LOUCHE - 1991



PLUS FORT LES GUITARES - 1994



TETE DE KRAN - 1995



DANS TON KULTE - 2003

Et enfin l'adresse de leur site : http://raoulpetite.com

Si j'osais Bové ?

Toujours à propos des élections qui se profilent, un petit lien qui permet de se défouler avec José Bové :http://www.la-vache-folle.com/jose.html

et une tite vidéo de l'homme du Larzac ! Plus fort que le Roquefort..


dimanche 25 mars 2007

La propagande du F Haine

ARghhh... voilà ce qu'une amie a trouvé sous l'essuie-glace de son pare-brise, garée dans un petit village paumé de la région :


C'est sans commentaires.. foutez-les dehors !
Enfin heureusement qu'avec sarko, la france a un bel avenir :


Hello Barrett

samedi 24 mars 2007

Oh! Mélo

Ch'te fais des signes
Texto
Sur mon Samsung
Blaireau!
Ch't'écris des songs
Accro
De toi mon Gin-
Seng

Mie à moitié?
Allo?
Ch'te dis relis
Moi mais
Un homme a mis
À l'eau
Nos mines em-
Mêlées

Ah! mais lis
Mes mots liés
Mélodies améli-
Orées

Deux milles missiles
Tu sais
Gouda-mélisse
Jetés
Pil' dans le mile
Usé
De mon âme lisse,
Touché!

Quand tu m'cliques
Je sais
Ça m'élime les
Pensées
J'prends des claques
Salées
L' Amériqu' est
Plaquée

Ah! mais lis
Mes mots liés
Mélodies améli-
Orées

Une homélie m'a dit
C'est quoi cett' co-
médie ?
Fair' d'la rime au lit
Mon petit plud'
crédit!

Ch't'écris des songs
L'amie
Ouais dans tes songes
L'envie
D'm'écrire depuis
Ton lit
Au jour d'aujour-
D'hui
D'm'écrire depuis
Mon lit
Au jour d'aujour-
D'hui.
D't'écrire depuis
Ton lit
Au jour d'aujour-
D'hui.

vendredi 23 mars 2007

Cet enfant que je t'avais fait

Jacques Higelin, Brigitte Fontaine

Instants

Monika

Paul

Régis

jeudi 22 mars 2007

Recyclage

Le 23 septembre 2006 j'ouvrais sur la toile un petit espace similaire à celui-ci, qui allait refermer ses portes aux alentours de Noël. Les mois ont passé, la vie s'est écoulée, et pourtant en relisant quelques uns des textes d'alors, rien n'a vraiment changé. Il est de jolies petites histoires comme ça, qui ne perdent rien. "Le Fleuve est pareil à ma peine, il s'écoule mais ne tarit pas." Ce soir je n'ai que l'envie de les "rééditer", de faire du copier-coller, en somme de leur passer un coup de chiffon, aux accents de recyclage. Voici le tout premier :

Le revers de la passion, 23 septembre.

Nous mettions tout notre talent à jouer au jeu des enfants qui s'aiment. "Tire, relache, pousse moi, tu es jolie, je t'arrose, appuie toi sur moi.." C'était là notre quotidien. A la manière d'un arbre dont les racines jouent avec le cours d'eau qu'elles atteignent, je la regardais me sourire, elle aimait me séduire et m'offrait ses yeux comme un bijoux sucré. De sa nuque je parcourais le grain, mes doigts attentionnés à ne pas la blesser. Ma petite soeur en somme. Ma petite soeur qui sourit.
Je me suis perdu il y a peu. C'était il y a quelques jours, en buvant des Heineken dans un petit bistrot clando.Tu sais, un de ces bistres où se rencontrent sous les goémons de la nuit les tellines et les arapèdes qui peuplent les hauts fonds; le soir, quand ces grands fauves viennent s'abreuver au comptoir usé, il s'en passe des aventures ! J'écoute, je note sans noter, ces petites histoires qui "de soirs pisseux en matins blêmes vous tirent au fond du trou". La tête accoudée à la coque du raffiot, j'étais là, les yeux crispés sur l'étoile rouge de la bouteille verte.




Avec un ami nous discutions du quotidien, de nos amours ratés, de nos joies passées, de nos chimères. Il évoquait un improbable voyage ensemble, un de ces french roadmovies où complètement défoncés l'on sillone les villes au hasard des panneaux officiels. "A gauche ou à droite ? Roule roule copain! On verra bien.." .. et puis tout à coup, elle est descendue comme la cire d'une bougie depuis longtemps allumée : c'était une idée de trop, une idée à la con, une idée comme on ne devrait jamais en avoir.

Tu vois, elle était là, dans mes pupilles, et semblait les raviver. Elle me tournait autour, flottant à la manière d'un spectre d'Hollywood, m'embrassait, me possédait. Son étreinte si forte que je ne pouvais bouger, mon coeur aux abois. "Tu devrais lui dire" "Tranche la question" "Dis lui de te répondre" "est ce qu'elle t'aime ?" "Tu peux pas rester comme ça..."
La petite voix courait dans ma tête à la manière d'un lutin irlandais : tantôt cachée derrière une banalité de notre discussion, elle surgissait à chaque recoin de ma réflexion. J'aurai voulu couper le son de cette radio interne, mettre en pause cette voix omniprésente. Inutile : à chaque effort pour la contrer, sa force décuplait, jusqu'à m'envahir tout entier. Pris au piège, le ventre retourné et les mains tremblantes, sa torture me fît vaciller : j'acceptais.
"Ok très bien j'ai besoin de clarté, je lui poserai la question", criais-je en moi-même. "Lâche moi cruelle pensée, lâche mon esprit je t'obéis.." Le lendemain je lui posais la question : "Veux-tu que nous vivions ensemble?".
Elle a dit non, et depuis j'ai dans la gorge le goût ferreux du revers de la passion.
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Il est un esprit des contradictions qui me suis,me précède partout; depuis son écriture, quelques six mois plus tard, ce petit texte s'avère toujours d'actualité. Stupendo, no ?



L'esprit des contradictions, 1er octobre

Esprit, tu es là.
Quand je me réveille, ton dos et tes épaules à côté de moi
Quand j'ouvre les yeux, c'est ton regard que je vois
Quand on me parle, c'est ta bouche qui s'articule
Et tous les mots ont le son de ta voix
Je regarde la lune, à demi clarté
Dans son ombre ta joue et tes cheveux
Quand je bois, ton sourire me fait des signes au fond du verre
Tes mains frôlent les miennes sans que je les regarde
A cheval sur mon dos, tu joues avec les ombres
Et déposes un voile de toi,
Devant chacun de mes pas.
Je lève les yeux au plafond,
M'interroge, me pose des questions
Mais rien ne sort sinon
Le bruissement de tes boucles,
L'allonge de tes cils,
Et la douceur de ces hanches
Qui bousculent ma démarche
Tu es partout où je suis
Tu es partout où je pense
Et il me plaît de fermer les paupières
Pour mieux sentir ta présence.
Reste près de moi, petit esprit des contradictions.

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Pour terminer la séquence recyclage (yen aura d'autres...et puis c'est tout. Je fais ce que je veux c'est MON blog..) voici 2 textes qui se répondent. L'un a été pondu dans l'espoir, le second dans le chaos de la déception. La structure est identique. "De l'amour à la haine il n'y a qu'un pas mon amour "

Imagine Apt - Forcalquier


A mi-chemin vers Rustrel on remplira nos bouteilles de l'eau fraîche de la fontaine des Jean-Jean. Cette eau elle est magique. C'est là qu'on se retrouve l'été venu, y chercher sa fraîcheur et ses amis. Seuls les claquements de rires et de pétanque viennent déranger le glouglou de l'eau et le tssiitsssit des cigales. Les boules s'entrechoquent à la lumière verte des bouteilles vides qui encombrent le rebord en pierre du bassin. Les "vertes" pleines sont au fond de l'eau, entre la mousse et les petits poissons qui font des ronds. Elles attendent là, dormantes comme des amphores, jusqu'à ce qu'une main intrépide les crochète et les remonte au soleil de juillet. On trinque alors à la santé de chacun, on s'arrose parfois, et on reprend nos discussions provençales à peine interrompues. L'été s'écoule doucement aux Jean-Jean.

A Rustrel on s'arrêtera prendre un chocolat pour le simple plaisir de le faire, et regarder le colorado comme si on y était. Ch'te parlerai de notre jadis ici, juste en face, sous les arbres, entre la musique, les alcools et l'amour. De la nuit et du soleil qui se levait au petit matin, et qui éclairait au bleu tous nos habits crades et nos coeurs déchirés. On se quittait bien plus tard. La boulangerie comme un phare olfactif où le patron nous accueillait dans la nuit, les yeux rouges dans un paradis de blanc.L'odeur du pain chaud nous surexitait, et il s'amusait de nos blagues pourries. Puis on repartait comme on repartira, avec un petit quelque chose à grignoter, car la route qu'on se cherche est plutôt longue.

Des prés, de vieilles bâtisses, la montagne. Allez viens, on s'emmène à Oppedette, voir ses belles gorges. Enfin tu iras si tu veux, moi j'ai peur du vide. Ou alors à plat ventre au bord du précipice, la tête dans le vent. Et tu sens l'odeur de la sariette sous nos pas ? Le spectacle est un peu plus loin. Une fois les murs de vieille pierre dépassés, on prendra la route de Simiane. A une envolée de pinsons il existe un petit ruisseau qu'on remontera jusqu'aux vasques sculptées par l'érosion. Le Saut du Moine. Entre les chênes blancs et les pins sylvestres, on se mesurera aux ricochets, à travers l'eau toujours claire de ses cascades. Comme tu vas gagner, j'essaierai de te perdre au détour d'une vire, et tu me rattraperas avec ton sourire. On écoutera les geais se chamailler avec les merles, les tourdres tout là haut et les toutes petites pétouses toutes proches. Puis on redescendra la tête chargée de chlorophylle.

On en franchira des hameaux, de ces hameaux où les oies et les chiens se pousseront à peine pour nous regarder passer comme des ovnis. On s'arrêtera au Chapeau Rouge. Le petit resto de Simiane, à l'immense cuisinière en fonte, accueille bien à midi. C'est là que je mangeais quand je travaillais sur les chantiers il y a deux hivers, les doigts et le nez gelés, saoûlé par le brouhaha de la salle embrumée d'autres arpètes comme moi. C'est comme une cantine à certaines heures. On s'embrasse, on parle fort en se déboutonnant, et si les patrons parlent de leurs affaires, les ouvriers parlent surtout du froid et du travail au black. Un petit monde dans un coin paumé. J'aime beaucoup.

Un fromage de chèvre dépaqueté de ses feuilles de marronnier sur une tranche de pain de seigle nous serons à Banon; là je t'emmènerai dans une librairie unique ;) j'en dis pas plus... Et puis nous voilà à Ongles. Au début de l'été c'est ici que se retrouvent tous les marginaux des alentours pour une grande fête qui sonne la fin de neiges. On y amène son fromage, son vin rouge, et toute sa passion printannière. Les filles ont des fleurs dans les cheveux, et les garçons les yeux qui brillent; ça sent l'encens et la ganja, et les groupes qui s'enchaînent sur scène ne jouent que du plaisir. Les soirées se finissent bien souvent vers Limans, à Longo Maï, mais c'est une autre histoire. La route étroite nous descendra jusqu'au barrage qui surplombe Forcalquier.



Copain-Copine, 5h41, 21 octobre

A mi-chemin vers le royaume des morts on remplira nos gourdes de cuir moisi de l'eau sale de la fontaine des Muets. Cette eau elle est diabolique. C'est là qu'on se retrouve l'hiver venu, y chercher sa pitance et ses remords. Seuls les claquements des os et de fouet viennent déranger le glouglou de l'enfer et le pchiii Pchhhhii de la chair sur les flammes. Les têtes s'entrechoquent à la lumière blafarde des spectres de l'amour qui encombrent le rebord en pierre du bassin. Les anneaux de la passion sont au fond de l'eau, entre la mousse et les petits scorpions qui font des ronds. Ils attendent là, dormants comme des chiens, jusqu'à ce qu'un coeur intrépide les crochète et les remonte à la surface. Ils te prennent alors à la gorge, te traversent parfois, et on reprend nos discussions mentales jamais interrompues. L'amour s'écoule doucement chez les Muets.

Chez Hadès on s'arrêtera prendre un coup de spleen pour le simple plaisir de le faire, et se regarder en spectacle comme si on y était. Ch'te parlerai pas de mon jadis ici, juste en face, sous les pensées morbides, entre la colère, les remords et l'amour fou. De la nuit et du soleil qui se ne levaient jamais, et sans jamais éclairer au pourpre mes habits crades et mon coeur déchiré. On se quittera bien plus tard. La crédulité comme un phare olfactif où le cerveau m'accueillait dans la nuit, ses veines rouges sur un flan laiteux. L'odeur d'y croire pour de bon me surexitait, et il s'amusait de ma naïveté maladive. Puis je repartais comme on repartira, avec un petit goût de feraille dans la bouche. La route qu'on se cherche est plutôt longue.

Des terres dévastées, de vieilles bâtisses écroulées, des regards délavés. Allez viens, on s'emmène chez ma colère, voir ses belles gorges. Enfin tu iras si tu veux, moi j'ai peur du vide. Ou alors à plat ventre au bord du précipice, la tête dans le vent. Et tu sens l'odeur de la haine sous nos pas ? Le spectacle est un peu plus loin. Une fois les murs de l'injustice dépassés, on prendra la route de mon âme. A une envolée de corbeaux il existe un vieux ruisseau de sang qu'on remontera jusqu'aux vasques sculptées par mon inconscient. Le Côté Sombre. Entre les chaines de Mithril et les sexes désoeuvrées, on se mesurera au jeu des ricochets dans le crâne, à celui qui chialera le premier. Comme tu vas perdre, j'essaierai de ne plus te revoir, et tu me rattraperas avec ton sourire. On écoutera les autres nous conseiller, les espoirs tout là haut et les toutes méchantes envies toutes proches. Puis on redescendra, la tête chargée de dégoût.

On en franchira des faux-semblants, de ces instants où les voix et la vie se pousseront à peine pour nous regarder passer comme des pestiférés. On s'arrêtera à l'arrivée de la Honte. Le petit regret de nos actes, à l'immense carapace d'airain, accueille bien ses hôtes. C'est là que je me recueillais quand je m'allongeais sous les planches il y a deux hivers, les yeux et le nez trempés, saoûlé par le brouhaha de ma tête embrumée d'idées préconçues sur l'amour. C'est comme une prison à certaines heures. On s'embrasse, on parle fort en se déboutonnant, et si les propos tiennent aux affaires courantes, les désirs parlent surtout dans le désert. Un petit monde dans un coin paumé. J'aime beaucoup.

Un flots de paroles consensuelles sur une tranche d'hypocrisie nous y serons bientôt; là je t'emmènerai dans un ennui chronique ;) j'en dis pas plus... Et puis nous voilà dans l'ignorance. Au début de l'hiver c'est ici que se retrouvent tous les foudroyés de l'amour pour une grande fête qui sonne la fin des hostilités. On y amène sa fausse aisance, son art de la jalousie, et toute sa passion revancharde. Les filles ont des orties dans les cheveux, et les garçons les yeux qui brillent; ça sent le blues et la séparation, et les groupes qui s'enchaînent sur scène esquissent la vie qui continue. Les soirées se finissent bien souvent dans la drogue, mais c'est une autre histoire. Cette route étroite nous descendra tous les deux jusqu'au barrage de l'amitié perdue.

Le triomphe de la Mort, Bruegel.

mardi 20 mars 2007

Une brève

Je ne peux m'empêcher de citer une palabre de Jules, qui date de lundi soir : on parlait de nos vies dissolues, du hasard qui nous ouvre parfois d'autre horizons, auxquels on est tenté de se livrer, au détriment du reste.. au détriment de ce que l'on a pu patiemment essayer de construire chaque jour : on prend sa décision comme on prendrait un train qui n'attend pas :
"Sinon, tu peux faire la bascule, tu vois : comme on bascule dans le vin, TOC ! Je bascule dans le vin... j'assume.." disait-il en se resservant un 51...

Folie

Il est un ami, un frère, qui saura apprécier..

J'ai ressenti les premières atteintes du mal
Sous les sarcasmes de Marilou
Mes oreilles après des mots comme vieux con pédale
Se changèrent en feuille de chou
Aux aurores j'allais au café buraliste
Faire provision de fumigènes
Et je demandais au pompiste
Derrière le zinc le plein de kérosène
Puis traînant mes baskets
Je m'allais enfermer dans les water-closets
Où là je vomissais mon alcool et ma haine
Titubant je m'en revenais
Et les petits enfants riaient
De mes oreilles en chou-fleur
J'avais pris peu à peu la tronche d'un boxeur

Souviens-toi, ce texte, tu l'as écrit de ta plume et tu me l'as offert, il y a des lunes. Tu les connais, ces noirs moments succulents et terribles, suspendu entre l'amour fou et l'envie de se faire sauter le caisson. Avec la conscience du danger dans lequel on se jette à corps perdu, à coeur ouvert, déchiqueté, alerte au moindre de ses gestes, à ta Marilou de l'instant. Tu t'en veux d'être aussi con, autant que superbe aux yeux de ces milliers de demi-mecs fadasses qui ne jurent que part la baballe au fond des filets. Tu les entends, ces vers d'Apollinaire ou de Rimbaud, quand tu passes sur un pont, dont le cours d'eau qu'il enjambe t'est doux et profond. Tu revois Dewaere dans Série Noire et Belmondo comme Un Singe en Hiver. Pfff à quoi bon lui expliquer tout cela, à elle ? Elle, digne, magique d'ignorance, elle ne peut que se défaire des profondeurs de l'effroi, de la folie dans laquelle elle nous balance. Laisse couler, vieil ami, laisse couler... Elle ne veut pas de toi ? Elle sait pas ce qu'elle y perd... la petite chienne... J'y pense, et puis j'oublie.


lundi 19 mars 2007


Kling, klong, c'est l'heure. Je le sens. ça chahute là dedans, et mon visage esquisse des sourires.ça y est enfin. La bougeotte vient de reprendre le dessus, je suis libre, bien. L'envie d'aller vers les gens, de bousculer tous ces dégâts causés les mois passés. Ya Basta mélanco ! Vois venir mon galop fou, brodé de love. Ne plus y réfléchir, se laisser balancer par les idées, qui prennent des couleurs une à une. La fin du zapping inaugure phoenix. Printemps ? peut-être.. le printemps des poètes... ouais Léo !

Je vois le monde un peu comme on voit l'incroyable
L'incroyable c'est ça c'est ce qu'on ne voit pas
Des fleurs dans des crayons Debussy sur le sable
A Saint-Aubin-sur-Mer que je ne connais pas

Tu vois, juste à le prononcer, il me plaît ce Saint-Aubin. Un coup de kombi et on y est.. on marche le long du bord de mer où s'échouent le cri des mouettes et les odeurs de crêpes au sarrasin... tu le sens cet air frais ? Ouais j'adore, et ça m'excite les neurones.. mais t'as peut-être froid ? Passe sous mon bras, je suis la chaleur des instants. Si je déconne, ne m'arrête pas.. je les sens, les grosses conneries.. c'est instinctif.. Ouais je fais le malin, juste avant de mourir, c'est grave? Ah je t'ai pas dit ? ben je vais crever, je ne sais pas quand avec exactitude, mais faut s'y attendre. Alors si je déconne, ne m'arrête pas. Pas maintenant. Je sens l'autre. Il revient chaque heure un peu plus. L'autre ? mmmh... c'est moi, mais en bien. En mieux, disons. C'est celui qui prend tous les risques pour cueillir une fleur des champs, et te l'offrir comme à la première venue, même de droite. Je tracerai ton corps jusqu'au petit jour.. ivre de prolyxine, dans le regard le feu du phoenix.
Cycle positif ? Mise en danger dans mes excès ? Inconstance consternante ? j'ai tous les kilowatts nécessaires à l'aventure, allez monte !

Le temps est assassin, et emporte avec lui le rire des enfants ? Pas si sûr...

jeudi 15 mars 2007

Un peu d'Hubert-Felix, bordel..

Nous sommes tous un peu trop fragiles
A regarder tomber la nuit
Sur le vert-de-gris de nos villes
Avec nos amours sous la pluie
Dans cette grisaille silencieuse
Où les regards de nos déesses
Deviennent des ombres orageuses
Et chargées d'étrange tristesse

Elles
Magnifiquement belles
Elles
Magnifiquement

Elles ont cette folie si tranquille
Ce calme étrange au bord du stress
Quand nous traînons sur nos béquilles
A leur mendier de la tendresse
Elles sont si brillantes et si vraies
Dans le chaud velours de leur nid
Pour nous piètres morveux distraits
Qui nous prenons pour des génies

Elles
Magnifiquement belles
Elles
Magnifiquement belles
Elles
Magnifiquement

Elles portent en nous des cris d'enfants
Comme au temps des cours de récré
Quand on attend l'heure des mamans
Au bout de nos coeurs estropiés
Elles ont le monde entre leurs seins
Et nous sommes des oiseaux perdus
Des ptérodactyles en déclin
Avec des sentiments tordus.

Elles
Magnifiquement belles
Elles
Magnifiquement belles
Elles
Magnifiquement

Belles
Elles

Nous sommes tous un peu trop fragiles
A regarder tomber la nuit
Sur le vert-de-gris de nos villes
Avec nos amours sous la pluie

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C'est juste une fille un peu perverse
Qui me plante des couteaux dans les fesses
Et qui me coince dans les urinoirs
En sortant sa lame de rasoir.
C'est juste une fille un peu frittée
Qui s'amuse avec ma santé
Et qui me dégoupille les gonades
Juste au moment où je prends mon fade.
Oh ! Tu n'es pas la première fille qui me tape
Tape-moi encore.
Oh ! Tu n'es pas la première fille qui me tape.
Tape-moi encore plus fort... Ah !

C'est juste une fille un peu rocky
Qui grimpe à moto sur mon lit
Et qui sort sa chaîne de vélo
En me disant : "Je t'aime saignant, salaud !"
C'est juste une fille un peu brutale
Qui déchire mes chemises, mes futals
En me disant : "Fais gaffe, baba cool :
Je mets mes crampons, gare tes bidoules."
Oh ! Tu n'es pas la première fille qui me tape.
Tape-moi encore plus fort... Ah !

C'est juste une fille comme toi et moi,
Enfin je crois plutôt comme toi,
Une fille qui s'amuse dans la vie
Et qui n'a pas honte quand elle rit.
C'est juste une fille,
C'est juste une fille,
C'est juste une fille qui s'en balance
Mais qui grimpe aux murs quand elle... Oh oui !... Oui !

mardi 13 mars 2007

La Bombe - Boogaerts

Ca y est j'crois qu'cette fois ça suffit
Tu m'donnes froid comme c'est pas permis
Et y'en a marre des pulls (over)

Ca y est j'crois qu'cette fois ça peut plus
J'ai beau mettre mon doigt y'a plus l'jus
Et y'en a marre des piles (wonder)

Mais qui lancera la bombe
Qui lancera la bombe en premier?
C'est p't'êt' toi, sûrement pas
Mais qui lancera la bombe
Qui lancera la bombe en premier?
C'est p't'êt' moi, peut-être moi

Ca y est j'crois qu'cette fois ça m'ennuie
C'est plus très sympa not' partie
Et y'en a marre des pouces (des jokers)

Ca y est j'crois qu'cette fois je faiblis
Là pourvu qu'ça finisse assis
Car y'en a marre des courses (c'est plus l'heure)

Mais qui lancera la bombe
Qui lancera la bombe en premier?
C'est p't'êt' toi, sûrement pas
Mais qui lancera la bombe
Qui lancera la bombe en premier?
C'est p't'êt' moi, pour une fois ...

J'vais pas m'faire un dessin
Je sais bien qu'je sais bien
Je sais bien qu'je sais

Ca y est j'crois qu'cette fois c'est plus beau
J'le vois plus l'éclat ni l'oiseau
Et y'en a marre des films (technicouleur)

Ca y est j'crois qu'cette fois c'est trop lourd
Là toujours te jouer des tours
Y' en a marre tout court, tout court

J'vais la lancer la bombe
La lancer la bombe en premier
Tu verras, elle tombera
J'vais la lancer la bombe
La lancer la bombe en premier
Tu verras, pour une fois ...

J'vais pas m' faire un dessin
Je sais bien qu'je sais bien
Je sais bien qu'je sais

dimanche 11 mars 2007

Kombi !


Avec les beaux jours qui pointent leur nez, je fourmille d'envies d'évasion : c'est donc décidé je retape mon kombi ! C'est un type 2 "bay window" de 73, tout blanc. Je viens de passer 2 jours à le remettre en marche, et il roule ! Bon il a besoin quelques révisions, et je n'ai pas le matériel nécessaire. Dès demain il part chez un garagiste pour cette partie. Je compte aussi le repeindre, et là j'hésite : bicolore easy, genre blanc et violet, ou une fresque sur toute la carrosserie.... bah je verrais bien ! si vous avez des idées ou des photos, envoyez !
Lez it the road again ;)
Whaouuu

samedi 10 mars 2007

vivons perchés


Un très beau livre réalisé par des créateurs de cabanes perchées, qui travaillent dans la plaine de Villars. Les photographies et les aquarelles se font face pour exprimer toute la fascination du vieux rêve d'enfant. Les menuisiers chargés de la construction sont d'excellents artisans, qui réalisent à chaque fois des prouesses : ils "habillent" l'arbre sans lui planter un seul clou ni couper de branches maitresses. Il y a de nombreuses cabanes ainsi réalisées dans la région, notamment dans le Luberon.
Aux éditions de la Martinière
~ VIVONS PERCHES ~

lundi 5 mars 2007

Je suis un voyou

Ci-gît au fond de mon cœur une histoire ancienne
Un fantôme, un souvenir d'une que j'aimais

Le temps, à grands coups de faux, peut faire des siennes
Mon bel amour dure encore, et c'est à jamais

J'ai perdu la tramontane
En trouvant Margot
Princesse vêtue de laine
Déesse en sabots
Si les fleurs, le long des routes
S'mettaient à marcher
C'est à la Margot, sans doute
Qu'ell's feraient songer
J'lui ai dit: "De la Madone
Tu es le portrait !"
Le Bon Dieu me le pardonne
C'était un peu vrai

Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou

La mignonne allait aux vêpres
Se mettre à genoux
Alors j'ai mordu ses lèvres
Pour savoir leur goût
Ell' m'a dit, d'un ton sévère
"Qu'est-ce que tu fais là ?"
Mais elle m'a laissé faire
Les fill's, c'est comm' ça
J'lui ai dit: " Par la Madone
Reste auprès de moi ! "
Le Bon Dieu me le pardonne
Mais chacun pour soi

Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou

C'était une fille sage
A " bouch', que veux-tu ?"
J'ai croqué dans son corsage
Les fruits défendus
Ell' m'a dit d'un ton sévère
" Qu'est-ce que tu fais là ? "
Mais elle m'a laissé faire
Les fill's, c'est comm' ça
Puis, j'ai déchiré sa robe
Sans l'avoir voulu
Le Bon Dieu me le pardonne
Je n'y tenais plus !

Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou

J'ai perdu la tramontane
En perdant Margot
Qui épousa, contre son âme
Un triste bigot
Elle doit avoir à l'heure
A l'heure qu'il est
Deux ou trois marmots qui pleurent
Pour avoir leur lait
Et, moi, j'ai tété leur mère
Longtemps avant eux
Le Bon Dieu me le pardonne
J'étais amoureux !

Qu'il me pardonne ou non
D'ailleurs, je m'en fous
J'ai déjà mon âme en peine
Je suis un voyou

Marcel Proust

Les relations avec une femme qu'on aime peuvent rester platoniques pour une autre raison que la vertu de la femme ou que la nature peu sensuelle de l'amour qu'elle inspire. Cette raison peut être que l'amoureux, trop impatient par l'excès même de son amour, ne sait pas attendre avec une feinte suffisante d'indifférence le moment où il obtiendra ce qu'il désire. Tout le temps il revient à la charge, il ne cesse d'écrire à celle qu'il aime, il cherche tout le temps à la voir, elle le lui refuse, il est désespéré. Dès lors elle a compris que si elle lui accorde sa compagnie, son amitié, ces biens paraîtront déjà tellement considérables à celui qui a cru en être privé, qu'elle peut se dispenser de donner davantage, et profiter d'un moment où il ne peut plus supporter de ne pas la voir, où il veut à tout prix terminer la guerre, en lui imposant une paix qui aura pour première condition le platonisme des relations. D'ailleurs, pendant tout le temps qui a précédé ce traité, l'amoureux tout le temps anxieux, sans cesse à l'affût d'une lettre, d'un regard, a cessé de penser à la possession physique dont le désir l'avait tourmenté d'abord, mais qui s'est usé dans l'attente et a fait place à des besoins d'un autre ordre, plus douloureux d'ailleurs s'ils ne sont pas satisfaits. Alors le plaisir qu'on avait le premier jour espéré des caresses, on le reçoit plus tard, tout dénaturé, sous la forme de paroles amicales, de promesses de présence qui, après les effets de l'incertitude, quelquefois simplement après un regard embrumé de tous les brouillards de la froideur et qui recule si loin la personne qu'on croit qu'on ne la reverra jamais, amènent de délicieuses détentes.
La manière désastreuse dont est construit l'univers psycho-pathologique veut que l'acte maladroit, l'acte qu'il faudrait avant tout éviter, soit justement l'acte calmant, l'acte qui, ouvrant pour nous, jusqu'à ce que nous en sachions le résultat, de nouvelles perspectives d'espérance, nous débarrasse momentanément de la douleur intolérable que le refus a fait naître en nous. De sorte que, quand la douleur est trop forte, nous nous précipitons dans la maladresse qui consiste à écrire, à faire prier par quelqu'un, à aller voir, à prouver qu'on ne peut se passer de celle qu'on aime.
La souffrance dans l'amour cesse par instants, mais pour reprendre d'une façon différente. Nous pleurons de voir celle que nous aimons ne plus avoir avec nous ces élans de sympathie, ces avances amoureuses du début, nous souffrons plus encore que, les ayant perdus pour nous, elle les retrouve pour d'autres.
Comment a-t-on le courage de souhaiter vivre, comment peut-on faire un mouvement pour se préserver de la mort, dans un monde où l'amour n'est provoqué que par le mensonge et consiste seulement dans notre besoin de voir nos souffrances apaisées par l'être qui nous a fait souffrir ?
La manière chercheuse, anxieuse, exigeante, que nous avons de regarder la personne que nous aimons rend notre attention en face de l'être aimé trop tremblante pour qu'elle puisse obtenir de lui une image bien nette.

Et des fleurs..

Un peu de jardinage, pour le bien des plantes et de la tête : ne plus penser, tout au moins se plonger dans une activité qui occupe l'esprit tout en épatant les yeux..
Avec Edelwen c'est toujours un régal de triturer le jardin, de le retourner, de l'aménager à sa façon, comme dans ses dessins magiques d'imagination.. Des photos valent mieux que des mots, en voici en voilà prises cet aprem




dimanche 4 mars 2007

Ménagerie de printemps



Un dimanche ensoleillé ? L'occaz d'aller dénicher du cade, juniperus oxycedrus, afin de le tourner dans la semaine. Oui biensûr je n'aurai pas la patience de le faire sécher un an, dans un recoin sec à l'abri de la lumière. Peu importe, j'ai de la gouge dans les idées ! Dimanche printanier, où les papillons sont allés faire des bisous aux jonquilles.. J'en profite pour présenter ma petite ménagerie, heureuse de cette journée lumineuse :
De haut en bas, gauche à droite :
Pinpin, le lapin fou qui s'est bien intégré :)
Godasse, le chat le plus cool de la région PACA
Manga, le vieux bagarreur pépère
Yoki, qu'est dingue.. chienne susceptible !
Xiarou, la petite enfoirée aussi voleuse qu'elle est affectueuse
Arf il manque une photo de Miaousse, qui s'en est allée dormir dans un coin cet aprem'.

Le goût du fer

Moi j'mange des clous
Des vis, et des boulons
Des tiges, et des écrous
Et des pelles à béton

Moi j'mange des p'tits
Tournevis rouillés
Des marteaux des scies
Sauteuses allumées

J'avale du fer
A souder les bidons
Des poutres, et des cuillères
Et des mèches à béton

J'ai l'goût du plomb
Du zinc et de l'acier
Tu sais dans l'fond
Quand tu me laisses tomber ;)

samedi 3 mars 2007

Mort à la poésie, Philippe Katerine

Cabane

Je cherche un arbre...
Un grand arbre, sage, ample, haut. Avec ses bras solides, feuillus, à la ramure comme une main tendue vers le ciel, le port penché. Son écorce sera là sous mes doigts, odorante, brute, parsemée de lichen argenté, et je l'arpenterai comme une fille aux yeux de biche. Ses branches robustes seront là pour accueillir mes quelques planches et mon hamac. J'y assemblerai une sorte de plate forme, surmontée d'un toit de branchettes tressées, pour m'y installer et sentir le vent caresser mes après-midi d'été. Ses habitants naturels viendront alors me bercer de leur chant mélodieux, excités et curieux de mon installation de fortune. Assis là, la tête ailleurs, je dessinerai des rêves inachevés.
Le soir, quelques photophores accrochés indiqueront le chemin à ma mie, comme un phare de faeries dansantes dans l'océan des verdures. Sous les petites bougies, on se racontera mille histoires de notre enfance, des étoiles dans le regard et les mots, l'aura flamboyante. On s'endormira ainsi préservés de la fraîcheur nocturne, épanouis, souriants, avec la voûte constellée comme toit..
Je cherche un arbre..

Tite chanson d'Aldebert



J'aime quand au retour du soleil, marquise
Tu fais des boucles d'oreille d'une paire de cerises
Quand on part en course, qu'on achete n'importe quoi
Que tu laisses de la mousse jusque chez le voisin du bas

j'aime quand t'inventes des plats des trucs un peu bizarres
A base de cardamome, cannelle et calamar
Quand tu mélanges des expressions de toutes sortes
du genre : "toi tu n'y vas pas avec le dos d'la main morte"

J'aime quand tu prends ton air étonné de tout
Quand face au racisme ordinaire, tu prends des tours
Que la télé t'irrite et te met dans tout tes états
J'aime quand tu dis
"pourquoi tu fais pas une chanson sur moi ?"

Quand on aime on ne compte pas
Tant de chansons sur ce thème
Quand on aime on ne compte pas
Toi tu comptes pour moi ma reine... Lulu Marlène

J'aime te voir hésiter des heures pour une robe
Relire Tronchet le sourire aux lobes
J'aime quand tu râles la nuit que je m'enroule avec les draps
Que t'appâtes le moustique en tendant les bras

J'aime quand ton père me dit "goûte moi celui là"
Quand ta mère appuie d'un "tu vas pas laisser ça"
Quand tu parles à ta soeur et que tu lui susurres
Que tu l'aimes de tout ton coeur et que ça la rassure

J'aime quand tu ris tu tousses tu manques de t'étouffer
Quand tu balances tes chaussettes avec les pieds
J'aime te voir ivre morte après deux canettes
Engloutir les carbonara avec les baguettes

Pour tes utopies tapies derrière chacun de tes sourires
Pour nos songes jumeaux, chansons de Renaud,
le parfum de ton rire
Pour avoir la chance d'être ton mec,
pour les jours sans, les jours avec
Pour l'avenir et l'horizon
pour tes envies de ventre rond...

Wahooooo :)

Le marché


Demain, enfin tout à l'heure, c'est jour de marché, à Apt. Au fil des années, ma ville m'est devenue fadasse, peut-être à l'usure de mes semelles dans ses rues et recoins. Je n'affectionne plus qu'à l'occasion ses cafés, ses manières de "porte des Alpes", et sa population de tarés, légendaire. La dernière qu'on m'est raconté parle d'un certain Visbert, photographe qui tenait une boutique à la place de la pharmacie proche de la cathédrale, et qui photographe de jour se déguisait la nuit en "vengeur masqué" et portait un costume de super-héros home-made. Il terrorisait les jeunes garçons, qui embauchaient tôt le matin comme mon père à l'époque apprenti pâtissier. Bref..
Il y a cependant une "institution" pour laquelle je garde toute mon affection : le samedi matin, du "course" à la "bouquerie", la ville devient "Le marché". Depuis des années, j'y ai trainé mes baskets, mes docs violettes, mes pieds nus, selon la saison et les rencontres. Mémorables moments de folie, ces week-end dans le week-end ont bien souvent suivis des vendredi sans dormir pour précéder une soirée sur une autre planète. Du non-stop. Mille rencontres fortuites, savoureuses ou décisives, autour du premier café ou d'un 17ème pastis. Mille histoires entrebâillées sur mon cabas chargé de cerises, de cacahouètes naturelles, de tracts, de tapenade ou d'un carton de 45 tours, mais toujours avec un baguette de bon pain comme antenne. La tome de chèvre (frais, demi-sec au poivre ou sarriette, "fait" crémeux à déguster et/ou sec à raper dans les pâtes..) les olives (cassées de nyons, au basèli..) , la course aux mots fléchés de Nestor à l'avant dernière page du "provençal ",véritable enjeu du samedi matin, entre tout bon amateur de torcher la précieuse grille avant les autres, qui sera vue à peu près 7500 fois dans la matinée ;)
Parmi les nombreux bistrots que compte Apt, la plupart sont synonymes d'une époque ou d'une ambiance, que je retrouve un court instant quand j'y repasse boire un verre. Le Grég, place de la Bouquerie, tient le haut du pavé pour les rencontres sabbatiques depuis des dizaines d'années. Chacun fait son "tour de marché", et s'y retrouve ou s'y croise, pour un chocolat ou un apéro qui durera à coup sûr jusqu'au soir. Le Central, c'est là que je retrouve Jules quand il n'est pas à son stand, avec Robert ou Dédé-la-Canne. Son stand, idéalement placé à l'angle de la rue des marchands face à la mairie, c'est un univers de roman. Un court métrage à chaque fois. On y va tous de ses histoires marrantes ou tragiques, et je m'empresse à peine arrivé d'aller chercher des demis ou ballons au Central juste à côté. On fume, on bois, on interpelle les passants, on raconte surtout des conneries. La dernière fois j'y ai croisé Jean-Mathieu, philo-guitariste multifonctions, qui m'a sorti cette jolie phrase "L'homme habite une chambre dont il repeint les murs avec ses rêves".. sympa ?
Vivement demain ! C'est l'heure d'aller s'pieuter..

vendredi 2 mars 2007

La menthe à l'eau

Quand la Marie que j'aimais
s'amenait en minaudant,
dans mon nid, au mois de mai,
j'avais jamais mal aux dents.
De tout Marie émanait
le beau, le doux, le mignon,
mais dans ma menue monnaie
y avait pas le mot million.

Marie n'était pas mémère,
elle aimait bien ma moumouth,
mes mimiques, ma marinière,
et mes manières de mammouth.

Les amis de mon aimée
m'amusaient, mais allons-donc,
les habits amidonnés,
ils donnaient dans le bidon.

Mais Marie, ma muse, ma reine,
n'était pas des masses ma mie,
la muse ment et l'amant peine,
si j'puis m'exprimer ainsi.

C'est décidé, dès demain,
j'ai des idées détonnantes,
je vais demander la main
de Marie, si ça l'enchante.
Si j'aimais sa tombola,
si jamais ça tombe à l'eau,
mon amante deviendra,
ben voyons, l'amante à l'eau.


Un poil dans la main

Une tite photo pour calmer les ardeurs de Pinpin, qui se porte bien.


Quel est cet Art divinatoire selon lequel le caractère ou la destinée d'une personne sont connaissables d'après les lignes de sa main ? La chiromancie ! Oué bon je sais, j'ai ma phase futile... Et alors ? "Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent" ;)
J'ai parcouru quelques sites dédiés à la chiromancie (ou chirologie) : les interprétations de la "carte" de la main se recoupent. Pour la mienne, il est dit : "Signe d'imagination fertile, d'émotivité et de sensibilité, toujours en quête d'idéal et loin de la réalité. Manque de sens pratique certain. Créatifs, ils sont submergés par leurs émotions." . Mais où vont-ils chercher tout ça ??
Bon, pour les amateurs voici un lien qui vous permettra de tout savoir sur vos manies et vos travers, voire ceux de vos voisins..

jeudi 1 mars 2007

Panique à Wekston City


Cette photo a été prise il y a quelques minutes.. Pinpin, aka "Da Survivor", qui déambulait sur mon bureau, s'est subrepticement emparé du clavier ! Je viens de découvrir qu'il sait taper ! en lapin il vient d'envoyer un message sur le net, pas eu l'temps de noter l'adresse qu'il avait déjà effacé les traces. Serais-je infiltré par une organisation lapine prête à mettre à sac l'humanité ? actuellement, son regard perçant me menace de couper le fil de la souris avec ses dents de loup.. je suis pris entre ses griffes, otage d'un nain angora fou. il ne m'a accordé que ce billet pour faire mes adieux, si ne lui était pas livré sur-le-champ un téléphone portable forfait international et un jus de carottes. N'ayant ni l'un, ni l'autre, adieu !

Boogaerts



Un soir de mars 2003 à Avignon, à la buvette des loges, j'ai eu la chance de passer un moment avec Mathieu Boogaerts, après son concert . La discussion m'a convaincu de la beauté de ce mec, de sa sensibilité extra-terrestre. Il a à un moment déscotché l'affiche "buvette" qui trônait au-dessus du comptoir et m'a fait un dessin avec pendant que nous parlions."minimaliste"? ses textes sont d'une vraie richesse, hétéroclites, à fleur de peau, et leur interprétation devient fabuleuse. Ami de Dick Annegarn, ils ont réalisés des duos terribles-ki-tuent qu'on retrouve sur les albums du poète de Bruxelles. "Rhapsode" par exemple, où ils évoquent l'histoire d'Abdel ZEYNIKI d'Anatolie, conteur aveugle exilé (et dont les paroles sont ici)



Le site de Mathieu Boogaerts : http://www.mathieuboogaerts.com/
Et celui de Dick Annegarn : http://annegarn.free.fr/