dimanche 4 mars 2007

Le goût du fer

Moi j'mange des clous
Des vis, et des boulons
Des tiges, et des écrous
Et des pelles à béton

Moi j'mange des p'tits
Tournevis rouillés
Des marteaux des scies
Sauteuses allumées

J'avale du fer
A souder les bidons
Des poutres, et des cuillères
Et des mèches à béton

J'ai l'goût du plomb
Du zinc et de l'acier
Tu sais dans l'fond
Quand tu me laisses tomber ;)

samedi 3 mars 2007

Mort à la poésie, Philippe Katerine

Cabane

Je cherche un arbre...
Un grand arbre, sage, ample, haut. Avec ses bras solides, feuillus, à la ramure comme une main tendue vers le ciel, le port penché. Son écorce sera là sous mes doigts, odorante, brute, parsemée de lichen argenté, et je l'arpenterai comme une fille aux yeux de biche. Ses branches robustes seront là pour accueillir mes quelques planches et mon hamac. J'y assemblerai une sorte de plate forme, surmontée d'un toit de branchettes tressées, pour m'y installer et sentir le vent caresser mes après-midi d'été. Ses habitants naturels viendront alors me bercer de leur chant mélodieux, excités et curieux de mon installation de fortune. Assis là, la tête ailleurs, je dessinerai des rêves inachevés.
Le soir, quelques photophores accrochés indiqueront le chemin à ma mie, comme un phare de faeries dansantes dans l'océan des verdures. Sous les petites bougies, on se racontera mille histoires de notre enfance, des étoiles dans le regard et les mots, l'aura flamboyante. On s'endormira ainsi préservés de la fraîcheur nocturne, épanouis, souriants, avec la voûte constellée comme toit..
Je cherche un arbre..

Tite chanson d'Aldebert



J'aime quand au retour du soleil, marquise
Tu fais des boucles d'oreille d'une paire de cerises
Quand on part en course, qu'on achete n'importe quoi
Que tu laisses de la mousse jusque chez le voisin du bas

j'aime quand t'inventes des plats des trucs un peu bizarres
A base de cardamome, cannelle et calamar
Quand tu mélanges des expressions de toutes sortes
du genre : "toi tu n'y vas pas avec le dos d'la main morte"

J'aime quand tu prends ton air étonné de tout
Quand face au racisme ordinaire, tu prends des tours
Que la télé t'irrite et te met dans tout tes états
J'aime quand tu dis
"pourquoi tu fais pas une chanson sur moi ?"

Quand on aime on ne compte pas
Tant de chansons sur ce thème
Quand on aime on ne compte pas
Toi tu comptes pour moi ma reine... Lulu Marlène

J'aime te voir hésiter des heures pour une robe
Relire Tronchet le sourire aux lobes
J'aime quand tu râles la nuit que je m'enroule avec les draps
Que t'appâtes le moustique en tendant les bras

J'aime quand ton père me dit "goûte moi celui là"
Quand ta mère appuie d'un "tu vas pas laisser ça"
Quand tu parles à ta soeur et que tu lui susurres
Que tu l'aimes de tout ton coeur et que ça la rassure

J'aime quand tu ris tu tousses tu manques de t'étouffer
Quand tu balances tes chaussettes avec les pieds
J'aime te voir ivre morte après deux canettes
Engloutir les carbonara avec les baguettes

Pour tes utopies tapies derrière chacun de tes sourires
Pour nos songes jumeaux, chansons de Renaud,
le parfum de ton rire
Pour avoir la chance d'être ton mec,
pour les jours sans, les jours avec
Pour l'avenir et l'horizon
pour tes envies de ventre rond...

Wahooooo :)

Le marché


Demain, enfin tout à l'heure, c'est jour de marché, à Apt. Au fil des années, ma ville m'est devenue fadasse, peut-être à l'usure de mes semelles dans ses rues et recoins. Je n'affectionne plus qu'à l'occasion ses cafés, ses manières de "porte des Alpes", et sa population de tarés, légendaire. La dernière qu'on m'est raconté parle d'un certain Visbert, photographe qui tenait une boutique à la place de la pharmacie proche de la cathédrale, et qui photographe de jour se déguisait la nuit en "vengeur masqué" et portait un costume de super-héros home-made. Il terrorisait les jeunes garçons, qui embauchaient tôt le matin comme mon père à l'époque apprenti pâtissier. Bref..
Il y a cependant une "institution" pour laquelle je garde toute mon affection : le samedi matin, du "course" à la "bouquerie", la ville devient "Le marché". Depuis des années, j'y ai trainé mes baskets, mes docs violettes, mes pieds nus, selon la saison et les rencontres. Mémorables moments de folie, ces week-end dans le week-end ont bien souvent suivis des vendredi sans dormir pour précéder une soirée sur une autre planète. Du non-stop. Mille rencontres fortuites, savoureuses ou décisives, autour du premier café ou d'un 17ème pastis. Mille histoires entrebâillées sur mon cabas chargé de cerises, de cacahouètes naturelles, de tracts, de tapenade ou d'un carton de 45 tours, mais toujours avec un baguette de bon pain comme antenne. La tome de chèvre (frais, demi-sec au poivre ou sarriette, "fait" crémeux à déguster et/ou sec à raper dans les pâtes..) les olives (cassées de nyons, au basèli..) , la course aux mots fléchés de Nestor à l'avant dernière page du "provençal ",véritable enjeu du samedi matin, entre tout bon amateur de torcher la précieuse grille avant les autres, qui sera vue à peu près 7500 fois dans la matinée ;)
Parmi les nombreux bistrots que compte Apt, la plupart sont synonymes d'une époque ou d'une ambiance, que je retrouve un court instant quand j'y repasse boire un verre. Le Grég, place de la Bouquerie, tient le haut du pavé pour les rencontres sabbatiques depuis des dizaines d'années. Chacun fait son "tour de marché", et s'y retrouve ou s'y croise, pour un chocolat ou un apéro qui durera à coup sûr jusqu'au soir. Le Central, c'est là que je retrouve Jules quand il n'est pas à son stand, avec Robert ou Dédé-la-Canne. Son stand, idéalement placé à l'angle de la rue des marchands face à la mairie, c'est un univers de roman. Un court métrage à chaque fois. On y va tous de ses histoires marrantes ou tragiques, et je m'empresse à peine arrivé d'aller chercher des demis ou ballons au Central juste à côté. On fume, on bois, on interpelle les passants, on raconte surtout des conneries. La dernière fois j'y ai croisé Jean-Mathieu, philo-guitariste multifonctions, qui m'a sorti cette jolie phrase "L'homme habite une chambre dont il repeint les murs avec ses rêves".. sympa ?
Vivement demain ! C'est l'heure d'aller s'pieuter..

vendredi 2 mars 2007

La menthe à l'eau

Quand la Marie que j'aimais
s'amenait en minaudant,
dans mon nid, au mois de mai,
j'avais jamais mal aux dents.
De tout Marie émanait
le beau, le doux, le mignon,
mais dans ma menue monnaie
y avait pas le mot million.

Marie n'était pas mémère,
elle aimait bien ma moumouth,
mes mimiques, ma marinière,
et mes manières de mammouth.

Les amis de mon aimée
m'amusaient, mais allons-donc,
les habits amidonnés,
ils donnaient dans le bidon.

Mais Marie, ma muse, ma reine,
n'était pas des masses ma mie,
la muse ment et l'amant peine,
si j'puis m'exprimer ainsi.

C'est décidé, dès demain,
j'ai des idées détonnantes,
je vais demander la main
de Marie, si ça l'enchante.
Si j'aimais sa tombola,
si jamais ça tombe à l'eau,
mon amante deviendra,
ben voyons, l'amante à l'eau.


Un poil dans la main

Une tite photo pour calmer les ardeurs de Pinpin, qui se porte bien.


Quel est cet Art divinatoire selon lequel le caractère ou la destinée d'une personne sont connaissables d'après les lignes de sa main ? La chiromancie ! Oué bon je sais, j'ai ma phase futile... Et alors ? "Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent" ;)
J'ai parcouru quelques sites dédiés à la chiromancie (ou chirologie) : les interprétations de la "carte" de la main se recoupent. Pour la mienne, il est dit : "Signe d'imagination fertile, d'émotivité et de sensibilité, toujours en quête d'idéal et loin de la réalité. Manque de sens pratique certain. Créatifs, ils sont submergés par leurs émotions." . Mais où vont-ils chercher tout ça ??
Bon, pour les amateurs voici un lien qui vous permettra de tout savoir sur vos manies et vos travers, voire ceux de vos voisins..